Jeux sans frontières

Un point à Christian, qui donne 3,5 réponses de juste (sur 10...). Presque ex-aéquo avec son unique concurent, dont nous ne connaissons l'identité...
Voici les réponses :
1) Les 3 mots appris : bonjour, merci, au-revoir
2) Matelas de sol : grâce à une pompe intégrée ils se gonflent à la main, ce qui évite toute moisissure interne.
3) La viande la plus consommée : le poulet, c'est super bon, ça se trouve partout et c'est pas cher.
4) La seule pression que l'on a : c'est celle que l'on se met (dixit Chrono)
5) Quantité d'eau : 5litres, et ça commence à faire juste vu la chaleur !
6) La tente : Hilleberg (marque Suédoise)
7) Combustible : de l'essence, ça se trouve partout... mais ça noircit tout.
8) Cuisine : Olivier, Aline s'occupant pendant ce temps de monter la tente.
9) La langue des Balkans : l'allemand (ça se poursuit en Turquie...)
10) Cadre en acier : ça se ressoude et ça absorbe une partie des vibrations.

Pensées et phrases philosophiques de voyage

"Des amis m'ont dit avant de partir que "après la pluie, il y a toujours du soleil". J'y ai bien réfléchi et aujourd'hui je me pose la question suivante : après le soleil, il y a quoi ? Parce qu'ici, il commence à faire vraiment chaud..." Olivier Forney

Le souffle du camion

Cela fait bien des jours que nous chevauchons sur des routes d'asphalte construites par l'homme, décennie après décennie. Routes brûlantes sous un soleil ardent, loin de tout arbre au couvert salutaire. C'est donc coup de pédale après coup de pédale que nous traversons des montagnes arides et sillonnons des plaines désertiques qu'Eole a abandonné il y a bien longtemps. Nos gorges sont sèches et nos jambes lourdes. C'est dans un état semi-comateux que, de temps à autre, nous entendons au loin un léger bourdonnement. Puis soudain, c'est l'ombre, cette masse qui nous frôle, nous attirant dangereusement vers elle, souhaitant peut-être nous happer à son passage. Et cet air chaud, chargé de poussière qui nous submerge, l'histoire d'un instant. Cet air brûlant que nous appelons... le souffle du camion. OF 15.06.12 

Pensées et phrases philosophiques de voyage

« Hospitalité, certains en font un business, d’autres un devoir. »  Olivier 

Un jour comme un autre


Ce matin, nous nous sommes levés aux alentours de 7 heures. Surpris la veille par un orage, nous n’avons pas pu nous ravitailler comme d'habitude. Notre déjeuner sera donc pour plus tard. Quelques kilomètres après notre départ, nous entrons dans Gönen et nous nous arrêtons au premier magasin pour faire quelques achats. Un pot de yaourt, quelques biscuits, du pain pour le dîner et huit livres turques plus tard (environ quatre francs suisses), nous nous retrouvons hors du magasin à essayer de ranger les victuailles dans nos sacoches. Là, le gérant nous accoste et nous propose de nous offrir un çay. Nous acceptons. Durant la discussion qui suit, il nous dit nous avoir vus hier sur la route et nous pose diverses questions sur nous et notre voyage. Un de ses amis arrive avec un sac plastique contenant une quainzaine de petits pains au fromage. Voyant que l’on n'a rien à manger pour accompagner notre çay, il nous propose ses petits pains. Pas un, ni deux, mais la totalité de son sac. Ceci étant fait, il prend part à la discussion tout guilleret. Le temps ne s’étant malheureusement pas arrêté, il nous faut songer à repartir. La route est longue et la température monte rapidement depuis quelques jours. Durant nos adieux empreints de gratitude, le gérant profite de nous offrir un litre de jus de pêche ainsi que des serviettes humides pour que l'on puisse se laver les mains. Nous nous retrouvons donc avec le déjeuner de fait et de quoi dîner copieusement. C’est parfait ! Enfin presque. Plus qu’un petit saut dans une station-service pour se procurer de l’eau et l’on sera autonomes jusqu’au souper. Zut, le robinet de la borne eau et air de la station ne fonctionne pas. Que faire ? Un chauffeur de car long courrier, ayant compris notre problème, vient à nous, deux bouteilles d’eau minérale bien fraîche à la main. Nous souhaitant bon voyage, il se retire heureux d’avoir pu nous être utile. Sous l'effet de la surprise, nous reprenons la route en saluant et en se faisant saluer par les habitants de cette petite ville. 


Midi se pointe et nos ventres nous le font savoir. Durant notre pique-nique, un jeune homme vient à notre rencontre. Il vient près de nous, même très près de nous et nous regarde. Un peu gênés par cette proximité incongrue et silencieuse, on engage la discussion. Heureux d’apprendre nos deux noms, il repart comme il était venu. Moins d’un kilomètre plus tard, un agriculteur et sa femme nous font signe de nous arrêter. On obtempère. Descendant de son vieux tracteur, l'homme nous offre deux beaux kilos de petites prunes locales fraîchement cueillies puis nous souhaite une bonne route. Pas de question, pas d'attente, rien qu'un simple  « Güle güle ! » 

Après avoir refusé poliment deux fois du thé - nos ventres étant plus que pleins -, nous arrivons sur le lieu que nous souhaitons utiliser pour installer notre campement. Là, un berger garde son troupeau. Après nous avoir autorisés à planter notre tente sur ses terres, il nous salue et s'en va ramener ses moutons à la bergerie. Moins d'une heure plus tard, il revient pour nous offrir trois beaux morceaux de son fromage et un joli kilo de petites prunes vertes. Cadeaux ! Un sourire et le voilà déjà reparti. Si le déroulement de cette journée peut sembler peu vraisemblable, c’est à peu de chose près ce que l’on vit depuis notre arrivée en Turquie. Pas un jour passe sans que l’on reçoive de la nourriture ou des boissons. Pas un jour sans que la générosité turque redéfinisse l’idée que l’on avait de ce mot.    
                                                                              OF 01.06.12

D'Istanbul à Çanakkale

Le lundi 28 mai, nous nous pointons au port d’Istanbul pour prendre le bateau pour Bandirma, munis de nos billets achetés le samedi. Après s’être pris une averse, avoir roulé tant bien que mal avec un pneu percé et s’être hâtés pour ne pas être en retard, nous arrivons à l’embarcadère où nous nous entendons dire « la compagnie a changé de bateau, les vélos ne sont pas autorisés ». Au vu de l’inflexibilité du gaillard malgré ma mine défaite, changement de programme et cap sur Mudanya, après cinq heures d’attente. La suite des événements corroborera ma devise «  il y a du bon dans tout ». Arrivée à 19 heures sur terre ferme. Il pleut, la nuit va tomber et il nous faut trouver un lieu où camper. Finalement, c’est Erol, patron du restaurant-cafétéria d’une station de bus qui nous offrira non seulement un logement dans son cabanon de jardin mais aussi un délicieux souper local comme j’en rêvais, ainsi qu’un solide déjeuner le lendemain.


Le soir suivant, ce sont des ouvriers et leurs familles qui nous offrent un toit dans une ferme. Un çay ? Euh… ben… oui, volontiers. S’en suit un moment d’échange et de silence - c’est quand même dur le turc - autour d’un thé avec du pain, du fromage, du miel et d’autres produits maison. Et à 22 heures, nos hôtes viennent nous sortir de notre « pré-endormissement » pour nous dire que le propriétaire des lieux, en déplacement en Italie, nous offre le souper. Donc, nous soupons une seconde fois dans  la cuisine des ouvriers. Bien sûr, le lendemain : çay ? A force, nous apprenons à dire oui et à mettre de côté notre gêne. Le samedi 2 juin, nous arrivons à Çanakkale, après quatre jours sur une route digne des montagnes russes. Un jour de repos dans un camping au bord du détroit des Dardanelles saura être apprécié. AG 02.06.12

Détroit des Dardanelles

De Kavala à Istanbul

C’est qu’on y prend vite goût, au repos ! Néanmoins, après un jour et demi de pause, nous reprenons la route. Un itinéraire sans grand intérêt. Ajoutez à cela une pluie sans fin et un ciel morose, et les pensées se perdent dans le rêve d’un canapé douillet ou d’un bon bain chaud. Solidarité et courage, il en faut pour donner les coups de pédales qui nous mèneront vers des jours meilleurs. Le 19 mai, jour historique de notre voyage : notre première crevaison. Olivier en fait son affaire en quelques minutes. Les rencontres avec d’autres cyclo-touristes colorent ces journées grecques un peu ternes. A Alexandroúpoli, nous trouvons enfin un camping ouvert pour notre dernière nuit en Grèce. C’est par l’autoroute - routes les plus sécuritaires selon un confrère allemand qui les a empruntées pour traverser la Grèce - que nous atteignons la frontière turque. Passage sans aucune difficulté.

Ça y est, nous entrons dans le pays qui sera notre hôte durant près de trois mois ! Si la frontière ne change pas le paysage, elle change les hommes. Nous pénétrons dans un nouveau monde où les gens nous saluent à tour de bras, où l’hospitalité et la générosité sont telles qu’il faut les vivre soi-même pour en réaliser toute l’ampleur. Les quelques mots de turcs appris suffisent à modeler les conversations dont nous ne comprenons pas grand-chose finalement ; peu importe, l’échange est bien là. Quatre jours sur une route rectiligne nous amènent à Istanbul. Nous avons compris pourquoi certains préfèrent y arriver en bateau ! Une quarantaine de kilomètres à slalomer et rivaliser avec voitures, camions et cars, sur une route sur-fréquentée. C’est lessivés par la concentration et les haut-le-cœur que nous arrivons aux portes de la vieille ville. Istanbul, c’est un partage entre les belles découvertes et les pénibles confrontations qu’une grande ville implique. Notre coup de cœur restera la Mosquée Bleue de nuit et la sérénité qu’elle nous a offerte. Mais la foule incalculable, les bruits sans répit et le harcèlement des vendeurs en tout genre, à chaque instant et partout, sont les désagréments qui nous donneront envie de reprendre le large. Quoi qu’il en soit, nous avons apprécié de laisser nos vélos de côté un instant, découvrir des lieux chargés d’histoire et goûter aux saveurs turques. AG 27.05.12

De la Chine jusqu'à Londres pour les JO