De Villa O'Higgins à El Chalten

Villa O'Higgins, ou la fin d'une aventure, celle de la Carretera Austral. Pour fêter cet événement, rien de tel qu'un rodéo. Etrange tout de même que cette envie de monter sur un cheval enragé pour se faire secouer dans tous les sens, voire se faire piétiner par l'animal... Dans tous les cas, cela comble le peuple qui regarde avec plaisir ces courageux, une bière ou un sandwich à la main. 
Le lendemain de notre arrivée, nous entamons le périple qui relie Villa O'Higgins à El Chalten. Au travers des récits des voyageurs que nous avons croisés, nous avons pu nous faire une idée du trajet : il semble plutôt relever d'un parcours du combattant que d'une balade de plaisance ! La première étape est la traversée du lac O'Higgins : facile, nous avançons sans effort, une fois le porte-monnaie allégé. Deuxième étape : la montée de 6 km. sur une piste raide et caillouteuse. Moins drôle. Cass, un Britanique muni d'un fat bike grimpe comme un chamois. Marion et Mathias optent pour le pédaler-pousser. Quant à nous, nous poussons la plupart du temps. Olivier a ressorti de ses sacoches son costume de superman et porte sur le dos une partie de mon chargement. La fin de cette étape est couronnée par l'apparition soudaine du Fitz Roy. Moment d'émotions intenses. Séance photos. Troisième étape : 10 km. de plat à travers la forêt. C'est le moment de se détendre car la quatrième étape va consommer toute l'énergie restante : 6 km. de gymkana composé de racines sinueuses, de troncs d'arbres, d'étroits sillons de terre, de rivières, de champs de boue, de gros cailloux, de ronces... Une chute aura raison de mes nerfs. C'est à peine si je peux apprécier l'incroyable panorama qui s'offre à nous. Et puis ça y est, nous voilà au Lago del Desierto, en Argentine. Les étapes difficiles sont derrière nous. Il est 19h30. Il nous faut attendre le lendemain pour pouvoir prendre le bateau qui nous portera du nord au sud du lac. C'est sans se faire prier que nous établissons le campement sur les rives du lac, car en face de nous se dresse le magnifique Fitz Roy. Le lendemain, le bateau annoncé pour 11 heures arrive à 15h30. Nous aurons tout juste le temps, une fois sur l'autre rive, de parcourir les 37 km. de piste qui nous mènent à El Chalten. Dans ce village, nous entrons comme un coureur franchit la ligne d'arrivée d'un marathon : fatigués mais heureux d'avoir atteint notre but. 
D'autres cyclo-voyageurs nous ont conseillé de nous adresser à Flor pour se loger sans frais à El Chalten. Pour la trouver, rien de plus simple : repérer le jardin bondé de tentes multicolores. Belle leçon de vie que l'accueil de Flor qui met à la disposition des gens du voyage tout ce qu'elle possède : jardin, douche, cuisine, sourire, lit des enfants si besoin... Après un brin de ménage jardinier, il y aura tout juste l'espace pour deux tentes supplémentaires. Olivier et moi dormirons la première nuit dans le petit magasin de notre hôte puis installerons notre tente sitôt une place libérée. Le rêve de Flor : partir elle aussi en voyage à vélo. La voilà qui répare un vieux biclou qui aurait sans hésitation été condamné de par chez nous. Chaque cyclo met la main à la pâte : dérouillage de la chaîne, nettoyage du moyeu, ajout d'un nouveau rayon, etc. Nous restons à El Chalten trois jours, principalement pour profiter des sentiers de randonnées. C'est d'ailleurs au pied du Cerro Torre que nous retrouvons Stefan et Magali, cachés à l'abri du vent derrière un mur de pierres. L'équipe des cyclos suisses-romands est au complet ! Une autre marche nous mènera aux lagunes du Fitz Roy. Difficile de quitter un lieu aussi envoûtant... Sans le vent glacial, nous y serions peut-être encore. AG 19.02.14     
    
 

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